L’église Saint-Barthélemy

Aucune archive ne donne la date de construction de la première église de Lisogne. Elle apparaît pour la première fois, bien petite, dans les Albums de Croÿ vers 1605.

« Lisoingne » dans les Albums de Croÿ, peint par Adrien de Montigny vers 1605. Bibliothèque nationale de France.
« Lisoingne » dans les Albums de Croÿ, peint par Adrien de Montigny vers 1605. Bibliothèque nationale de France.

Une église trois fois rebâtie

En 1701, l’évêque de Namur constate lors de sa visite que l’église est trop petite et que les paroissiens n’entendent pas la cloche. Le curé F. H. Caillet (1691-1720) fait alors bâtir une nouvelle église et la maison pastorale, entre 1701 et 1703. En 1845, le registre des églises la juge encore « misérable et trop petite (200 places) » : elle est rebâtie en 1845-1847, et sa tour réédifiée à partir de 1874.

Les cloches sont enlevées par les Allemands en 1941. Le 23 novembre 1969, le plafond s’écroule. Grâce à Léon Vandurme, Eugène Henry de Frahan et Julien Floymont, la toiture et la voûte sont entièrement refaites et l’église rouvre le 4 juin 1972, avec deux nouvelles cloches hissées au treuil à main. Elles ont leurs parrains et marraines : Joseph Beaujot et Joséphine Higuet pour la petite, Alexandre Bailly et Mariette Dewez pour la grosse.

L’église Saint-Barthélemy, rebâtie en 1845-1847.
L’église Saint-Barthélemy, rebâtie en 1845-1847.
L’intérieur de l’église Saint-Barthélemy.
L’intérieur de l’église Saint-Barthélemy.

Le martyre de saint Barthélemy

Apôtre du Christ, saint Barthélemy aurait évangélisé l’Arabie et la Mésopotamie avant d’être écorché vif en Arménie ; il est fêté le 24 août. L’église conserve un grand tableau de 3,25 m sur 2 m représentant son martyre, inspiré de Raphaël. Il fut commandé par Camille Henry au peintre dinantais Franz Sodar (1828-1904) et livré le 5 mars 1877.

Le Martyre de saint Barthélemy, toile de Franz Sodar livrée en 1877.
Le Martyre de saint Barthélemy, toile de Franz Sodar livrée en 1877.

Processions et traditions

À Pâques, les enfants parcouraient le village pour distribuer l’eau bénite, et passaient devant chaque maison avec leurs « raquettes » pour annoncer les offices de la Semaine sainte, pendant que les cloches se taisaient. Les trois jours précédant l’Ascension, les rogations menaient la procession, drapeaux et statue de la Vierge en tête, vers trois « chapelles » : devant la maison Solot (aujourd’hui Marchal), sur la terrasse du château, puis à la potale Notre-Dame de Bon Secours, près du vieux puits.

Procession dans le village.
Procession dans le village.
Les rogations : procession dans les rues de Lisogne.
Les rogations : procession dans les rues de Lisogne.

Le cimetière, mémoire du village

Le cimetière entoure l’église depuis l’Ancien Régime. De grandes dalles, jadis dans le pavement de l’église, sont aujourd’hui enchâssées dans son mur ; l’une rappelle Pierre Caillet, mort en 1703 chez son fils, curé de Lisogne, « qui a fait bastir cette église et la maison pastorale ».

Le monument le plus imposant est le mausolée Genard-Bastin, un temple néoclassique en petit granit élevé en 1891 par Nathalie Bastin, la dame du « petit château », pour son premier mari. Il coûta 4 193 francs, plus de trois ans du traitement de l’instituteur. Non loin, les tombes des fusillés de 1914, comme la stèle néogothique des familles Nepper-Bultot, gardent la mémoire du drame : « Belges ! N’oublions jamais nos héros, nos martyrs. »

Le mausolée Genard-Bastin, vers 1900. Coll. M. Marchal.
Le mausolée Genard-Bastin, vers 1900. Coll. M. Marchal.
Stèle néogothique des familles Nepper-Bultot, œuvre d’Henri Royaux, début des années 1920.
Stèle néogothique des familles Nepper-Bultot, œuvre d’Henri Royaux, début des années 1920.

De la cure au presbytère

Au XVIIe siècle, la cure de Lisogne ressemble à une petite ferme : le curé vit de son douaire, des terres réparties en trois « saisons » autour du village. Le presbytère actuel date de 1774, comme l’indique le linteau de sa porte. Sa taille, étonnante pour une cure de campagne, témoigne de la prospérité du règne de Marie-Thérèse. Habité par les curés jusque dans les années 1970, il a été vendu en 2009, puis restauré.

Le presbytère après sa rénovation récente.
Le presbytère après sa rénovation récente.
La date de 1774 sur la porte de la cure.
La date de 1774 sur la porte de la cure.

Les potales et la chapelle

  • La potale Saint-Donat, en venant de Thynes, signée A. Baily, fut érigée pour protéger le village de la foudre. On disait qu’à cet endroit la foudre se séparait en deux… ce qui ne l’empêcha pas de frapper l’église en 1984.
  • La potale Notre-Dame de Bon Secours, au carrefour de la route des Fonds de Leffe et de la rue du Forbo, date de 1943, année mariale.
  • La Vierge de la ferme de la Tour, installée en 1975 par Julien Floymont à l’endroit du vieux poirier sous lequel aimait s’asseoir sa grand-mère devenue aveugle.
  • La chapelle du château, sous un grand arbre au tronc double, entourée de buis plus que centenaires de plus de six mètres.
La potale Saint-Donat, érigée pour protéger le village de la foudre.
La potale Saint-Donat, érigée pour protéger le village de la foudre.
La Vierge de la ferme de la Tour.
La Vierge de la ferme de la Tour.

D’après « Lisogne se conte » : « L’église et son influence » ; « Des pierres, témoins de vies enfouies à jamais », par M. Coleau.